Lorsque Sergio, un enseignant hanté par son passé, est muté à Remis, un petit village de montagne réputé pour être le plus heureux d’Italie, l’endroit semble idéal pour prendre un nouveau départ. Mais l’apparente quiétude de cette « vallée des sourires » cache un étrange secret : chaque semaine, les habitants se rassemblent autour de Matteo, un adolescent que l’on dit capable d’absorber la douleur des autres.
Paolo Strippoli explore le genre de l’horreur en tant réalisateur et scénariste de cette histoire qui débute comme un drame avant que le surnaturel ne s’immisce et nous plonge dans dans l’horreur.
Sergio est en recherche de guérir d’un drame ayant bouleversé sa vie et dont il a l’impression de ne jamais pouvoir remonter.
La découverte des habitants du village où il a été muté va creuser ce décalage tant ils semblent tous souriants malgré un terrible drame qui s’est passé il y a des années et très rapidement évoqué.
La découverte de Matteo, un de ses élèves, et du culte existant autour de lui va le faire plonger dans l’incrédulité. Ce jeune adolescent est vénéré car les personnes en proie à la douleur qui le serre dans leurs bras en sont libérés.
Faisant l’expérience des dons du jeune garçon il en constate les effets mais aussi le fait que ce don est contrôlé par la congrégation religieuse locale qui y voit un don du ciel. Les gens affluent toujours plus nombreux à rechercher cette bénédiction mais les questions se bousculent aussi.
Que devient la douleur qu’a absorbé Matteo ? Que ressent l’adolescent face au rôle qu’on lui impose ? D’où viennent ses pouvoirs et n’y a t’il pas un prix à payer ?
Le film va répondre à ces questions brisant l’image de ce charmant village tranquille et souriant.
Le proposé est très bien mené et la tension s’installe progressivement vers un dernier acte de bascule totale dans l’horreur.
Les réflexions sont nombreuses sur le lien père/fils, le deuil, la notion de consentement mais aussi plus profondément sur le rapport à la peine et la douleur.
Privés de ces sentiments qui sont source de souffrances mais dont on apprend que le temps permet de les guérir est ce que l’on reste toujours humain ?
C’est le premier film de ce jeune réalisateur que je découvre et j’en suis sorti songeur d’avoir découvert son univers visuel.
La plongée dans l’horreur fonctionne à merveille et de manière glaçante. Loin d’un manichéisme classique les nuances de point de vue sont nombreuses nourrissant le propos.
Une mention toute spéciale au jeune Giulio Feltri dans le rôle de Matteo, magnétique et investi dans un rôle dense, il offre une performance toute en nuance.
Genre : drame fantastique – Nationalité : italienne – Date de sortie : 2 septembre 2026 – Durée : 2h02 – Distributeur : Grindhouse Paradise picture


