
Une étudiante revient à Paris à la fin des années 80. Elle trouve un travail contre un logement chez une famille : s’occuper d’un jeune garçon sourd, qui refuse de communiquer. Petit à petit une relation va se nouer entre l’enfant et la jeune femme, Maïté, jusqu’à ce qu’elle retrouve par hasard une amie perdue de vue.
Devenu sourd profond, Victor s’est vite senti à l’écart, à la fois dans le monde des entendants auquel il est attaché et dans celui des sourds qu’il rejette. Même s’il parvient à lire tant bien que mal sur les lèvres, il peine à se mêler pleinement à ses camarades de classe entendants, en dépit de ses efforts. Dans sa famille, des tensions apparaissent, dues à la nouvelle situation de l’enfant. L’arrivée de Maïté, jeune fille au pair espagnole, permet une relation qui se construit à petit pas, grâce à la facilité communicative de la jeune femme.
Lorsque l’on sait qu’Aleksi Cavaillez est devenu sourd à l’âge de cinq ans, l’histoire de « l’écoute » prend une autre dimension. Premier album écrit en solo, cette autofiction est le récit d’une expérience personnelle traumatisante, avec une immersion dans le monde sensoriel d’un enfant déficient. Le Paris décrit et dessiné par l’auteur est celui des années 80. Le dessin est libre, sans cases et sans couleurs. Mais le noir est blanc n’est pas triste pour autant, les colonnes du Palais-Royal rendent une magnificence, une solennité dans la scène introductive du récit. C’est une plongée dans le monde de l’enfant par l’intermédiaire du personnage de Maïté. C’est doux, c’est simple et très agréable à lire. Même si le drame est latent, les choses sont dites en douceur et rien de choquant n’est montré. J’ai beaucoup aimé ce récit tout en retenue et me suis profondément attachée aux personnages. Je conseille vivement ce récit au long court de 160 pages que l’on ne voit pas passer.
Éditeur : Dargaud – Collection : Hors collection – Genre : Roman graphique – Scénario et dessin : Cavaillez Aleksi – Date de parution : 7 mai 2026 – 160 pages – Prix : 23,50 €






