Kamarades L’intégrale de Benoît Abtev, Jean-Baptiste Dusséaux et Mayalen Goust

Kamarades L’intégrale de Benoît Abtev, Jean-Baptiste Dusséaux et Mayalen Goust

La révolution russe est en mouvement. Volodia a choisi son camp : celui des bolcheviks, aux côtés de Staline. C’est au cœur de cette agitation qu’il tombe fou amoureux d’Ania.

La Révolution fait ensuite place à la guerre civile. Armée rouge et armée blanche se lancent dans un combat sans merci qui déchire la Russie. La victoire est incertaine. Héroïsme, massacres, trahisons, angoisse, voilà le pain quotidien des soldats rouges et blancs. Bientôt l’armée révolutionnaire gagne la Pologne et menace l’Europe tout entière. En France, le répit de la famille Roumanov tourne court, Volodia et Ania ne semblent point devoir connaître de paix et se lancent une nouvelle fois dans la bataille, au risque de retomber dans les griffes de Staline. Entre amour, drame et manigance politiques l’histoire se met en marche sous nos yeux.

Saga historique avec des faits véridiques et un peu d’invention. Si comme moi vous ne connaissez pas grand-chose de la révolution russe et de l’avènement au pouvoir de Staline, laissez vous porter par cette histoire rocambolesque, celle de la famille Roumanov et plus particulièrement de la belle Anastasia. Ses amours, ses prises de décision impliquant des conséquences qui vont au-delà de la stricte sphère personnelle, et un destin tellement exceptionnel que l’on ne sait toujours pas ce qui s’est réellement passé lors de sa mort. On lit dans le rapport de 1967 : « la mort de la grande-duchesse Anastasia à Ekaterinbourg ne saurait être tenue pour un fait historique irréfutable » certifie l’article de Wikipédia qui lui est consacré. Donc Kamarades brode un peu, beaucoup même, autour de ce mystère, et autour de son histoire amoureuse avec Volodia Ivanovitch mais c’est « de bonne guerre » puisque l’histoire s’y prête. Les personnages sont épiques et ce n’est jamais « too much », voire un roman à l’eau de rose. De même les illustrations la montre avec une chevelure d’un rouge flamboyant (« le rouge lui va si bien » dit Staline d’elle lorsqu’elle rougit devant lui) qui contraste avec la fadeur des autres personnages féminins de la BD. Mais c’est la couleur de la révolution, elle est très présente dans les illustrations.

Tout est épique dans ce récit, les combats, les histoires d’amour, les manifestations. Et alors ? on se laisse prendre au jeu. L’album de 176 pages regroupe les trois tomes et c’est bien de ne pas avoir à attendre entre le premier et le deuxième tome notamment, car il y a du suspens…

J’avais beaucoup aimé la précédente BD de Mayalen Goust, la dessinatrice qui s’était très bien illustrée dans Vies volées qui reprenait aussi une histoire, celle des enfants de Buenos Aires qui ont été volés pour être adoptés par les nouveaux dirigeants de la dictature Argentine. L’Histoire avec un grand H semble être son thème de prédilection, mais quand on peut joindre l’utile et l’agréable, apprendre des choses en se distrayant, on ne boude pas son plaisir…

Éditeur : Rue de Sèvres – Genre : Historique – Scénario : Benoît Abtev et Jean-Baptiste Dusséaux – Dessin : Mayalen Goust – Date de parution : 17 juin 2020 – 176 pages – Prix : 25 €.

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