Un été loin des hommes de Fabienne Blanchut, Catherine Locandro et Thomas Campi

Frédérique, 47 ans, revient à Nice, sa ville natale, pour les funérailles de sa mère. Dans l’appartement de son enfance, où, entourée de souvenirs, elle retrouve son père Vittorio, une vieille photo lui rappelle un été particulier, en 1985… Cet été là, Frédérique a douze ans et passe ses vacances en famille au Village, en Corse, chez sa tante Evelyne et ses cousines Marie-Ange et Antonia. Tout semble paisible sous le soleil insulaire, jusqu’à ce que Vittorio reparte brusquement à Nice, officiellement pour le travail. Mais est-ce la vraie raison ? À cela s’ajoute un autre questionnement pour Frédérique, qui prend doucement conscience de son attirance pour les femmes. Après cet été « loin des hommes », plus rien ne sera comme avant… Entre tendresse et nostalgie, ce récit solaire évoque les premiers émois, les secrets de famille et l’adolescence dans un cadre vibrant et évocateur qui rappelle Été 85 ou Call Me by Your Name. Les illustrations, colorées, viennent sublimer cette exploration intime et universelle.
L’ambiance de ce récit est parfaitement bien rendue, la Corse, le soleil, l’ennui d’une jeune ado avec ses parents, la découverte de l’autonomie et des amitiés entre paires… De très belles illustrations des paysages, des corps, des visages, accentuent l’effet de nostalgie, et le scénario est très bien construit, avec un retour en arrière très bien amené.
Par contre, je trouve assez caricatural que l’éditeur prenne comme référence les films « Eté 85 » ou « Call me by your name » comme éléments de comparaison, car certes, les thèmes de l’été et du soleil, de l’année 85 justement, des premiers émois adolescents sont présents, mais le thème de l’homosexualité est à peine évoqué dans cette magnifique BD, et surtout, Frédérique est une jeune fille de seulement 12 ans qui découvre son attirance pour une fille un peu plus âgée qu’elle mais cela ne va pas plus loin… Ce n’est pas ça qui est important dans l’histoire, je dirai même que la découverte de son homosexualité reste assez anecdotique dans ce récit. On sait juste qu’adulte, elle partage sa vie avec une femme, et encore c’est juste évoqué…
C’est un récit qui conviendra à tout lecteur, et qui posera différents points de vue suivant l’âge. Il en résulte une fraicheur et paradoxalement une chaleur aussi… J’ai beaucoup aimé !

Sur la couverture cartonnée, il y a un autocollant qui m’a intriguée : « pop women selection ». Lorsque je me suis renseignée, j’ai trouvé que cela se référait à un festival à Reims qui se déroulait pour la 4ème année, les 5, 6 et 7 mars 2026 : « Le POP WOMEN FESTIVAL est un événement pluridisciplinaire unique en son genre, célébrant la créativité féminine à travers la POP CULTURE dans de nombreux domaines artistiques aussi variés que la musique, la bande dessinée, la littérature, la photographie, le cinéma, le théâtre, et bien plus encore… Engagé à défendre la parité, le POP WOMEN FESTIVAL programme 80 % de femmes et 20 % d’hommes, un pied de nez aux déséquilibres observés dans le monde artistique et culturel. La pop culture sert de fil rouge à l’ensemble de la programmation, créant un espace où les artistes explorent les questions d’égalité des sexes tout en s’exprimant à travers des formes culturelles accessibles et populaires. Plus qu’une simple vitrine artistique, le festival porte un message fort en faveur de l’égalité hommes-femmes lors de sa manifestation à Reims tous les ans au mois de mars. Tables rondes, concerts, projections, expositions, performances, séances de dédicaces et débats s’enchaînent durant les 3 jours de la manifestation. » Un beau programme…

Éditeur : Dargaud – Collection : Hors collection – Genre : Roman graphique – Scénario : Blanchut Fabienne et Locandro Catherine – Dessin : – Date de parution : 6 mars 2026 – 136 pages – Prix : 22 €