Les troglos de la Sablière à Doué La Fontaine (49)

Les troglos de la Sablière à Doué La Fontaine (49)

Creusé dans la roche, le patrimoine troglodytique est un des témoins identitaires majeurs de la vallée de la Loire et de ses affluents. Il a façonné les paysages, induit quelques-uns des principaux pôles économiques locaux (vins, culture du champignon) ainsi qu’un mode de vie et un habitat singuliers.

Il y a 10 millions d’années, à l’ère tertiaire, l’ouest de la France était en grande partie recouvert par la mer et la faune et la flore étaient celles d’un climat subtropical. La région de Doué La Fontaine était une zone côtière avec de forts courants qui ont charrié beaucoup de sédiments (sable, débris de coquillages, fossiles) et les ont accumulé en véritables dunes sous-marines, qui se sont tranformées en roches sédimentaires appelées « faluns » quand la mer s’est retirée. Ces faluns composent aujourd’hui le sous-sol de la région sur une épaisseur de vingt à vingt-cinq mètres. Cette roche est friable, facile à creuser et à travailler, avec une grande porosité.

Le sous-sol de Doué la Fontaine est un véritable gruyère ! Creusés dans le falun, des galeries, des caves s’étendent sous toute la ville et même au-delà. C’est le cas à la Sablière. Au début du XXème siècle ce site se situait en rase campagne. Les paysans cultivaient la terre aux alentours, les éleveurs se rendant au marché aux bestiaux passaient par là. Un couple de paysans, Maurice et Marie-Louise Grégoire, en profita pour ouvrir un bistrot qui connut rapidement un joli succès. Ils creusèrent leur habitation dans le falun, ainsi que des caves, profitant aussi des galeries déjà existantes. Pour arrondir les fins de mois, le propriétaire continua à creuser le falun. Mais celui-ci, pauvre en coquillage à cet endroit, n’étant pas utilisable pour la construction, il fut utilisé comme sable pour la maçonnerie, les allées, les cours.

Pour obtenir l’autorisation d’ouvrir le site au public, l’actuel propriétaire a dû creuser une galerie pour avoir une issue de secours. La rencontre d’Arsène Galisson et de Line Etavard, deux artistes sculpteurs, fut déterminante pour le site. En effet ils proposèrent de sculpter des oeuvres tout le long de cette nouvelle galerie. Chaque année de nouvelles sculptures prennent ainsi place sur le parcours.

La visite du site est vraiment très intéressante. Le visiteur parcourt des caves, des galeries, le guide explique, très bien, l’origine du falun et ses utilisations. Il raconte la vie des gens du début du XXème siècle, et on a l’impression de les voir s’activer autour de nous. Il nous présente une jolie collection de fossiles retrouvés sur le site, nous montre les propriétés du falun. On visite les galeries, mais aussi la maison troglodyte de ces premiers habitants du site. Et puis on s’attarde dans la nouvelle galerie pour admirer les sculptures contemporaines.

Une visite que je conseille pour son intérêt historique autant que géologique. Et qui peut être couplée avec celle de la Distillerie Terre de Roses qui appartient au même propriétaire.

Photos du site

Les troglos de la Sablière : 16 rue Petite Riffaudière 49700 Doué La Fontaine – Tous les jours sauf le mardi de Pâques à la Toussaint ou sur RV hors saison. Visites guidées uniquement. En mai et en septembre : visites à 14h – 15h – 16h et 17h. De juin à août : mêmes visites l’après-midi et visites également le matin à 10h et 11h. Groupes sur RV. Tarifs : Adultes 5,50 € – Enfants (4 à 12 ans) : 3,50 € – Groupes, étudiants, handicapés : 4,50 €

 

Autres articles qui peuvent vous intéresser…

Visitez Moulins dans l’Allier (Auvergne-Rhône-Alpes)

Visitez Moulins dans l’Allier (Auvergne-Rhône-Alpes)

La ville de Vence

La ville de Vence

Le quartier des Grands Boulevards à Paris

Le quartier des Grands Boulevards à Paris

Destination Angers

Destination Angers

Derniers articles

Catégories

Archives

Droits d’utilisation

Les traductions et articles dont nous sommes les auteur(e)s sont sous Licence Creative Commons 2.0 (Paternité – Pas d’utilisation commerciale – Pas de modification). Nos traductions et articles relèvent du droit d’auteur (article L.111-1 du CPI). En cas de reproduction totale ou partielle, merci de nous créditer en source (article L122-5 du CPI). Les infractions aux droits d’auteur sont sanctionnées pénalement (art L.335-1 à L.335-10 du CPI).