Chinese Queer de Seven

Chinese Queer de Seven

Peter Pan en pays Queer… Portrait acide d’une jeunesse chinoise. Ébouriffant ! Qui es-tu, Tian Fushi ? Un artiste incompris de l’industrie du manga, un citoyen dépravé de la Chine pornographique, un jeune gay égaré dans un monde ultraviolent, un garçon perdu de Peter Pan ? Comment vas-tu rassembler les morceaux fragmentés de toi pour découvrir qui tu es vraiment ? Queer : étrange, qui ne rentre pas dans les cases ; c’est assurément le cas de ce roman graphique. Portrait acide d’une jeunesse chinoise en recherche d’amour et de sens, Chinese Queer et une quête identitaire moderne intime et saisissante.

Les éditions Sarbacane ont beau placer cette BD en catégorie « tout public », je commencerais cette chronique par une mise en garde car non, cet ovni n’est pas à mettre entre toutes les mains. Le propos et même certaines images peuvent être dérangeants car trop sexuels. Même si je n’irais pas jusqu’à parler de pornographie, c’est tendancieux, parfois limite…exemple : « Quand B m’a raconté ça, j’étais sur mon lit à mater Youtube en jouant avec ma bite ». Et effectivement nous avons comme illustration à ce propos, l’image de Tian nu, allongé sur son lit avec le téléphone à la main. Mais le sexe n’est pas en érection et n’est pas en main non plus…

J’ai ensuite hésité entre le manga et le roman graphique car la taille de l’objet et les dessins si divers de cet étrange album le rendent inclassable. Il y a de très belles illustrations pleine page d’extérieurs nuit notamment qui sont très beaux, cinématographiques et poétiques. Mais beaucoup des illustrations de la ville-district de Haimen, petite province de Nantong, montrent des barres d’immeubles sales. « Haimen est tout sauf riche. Les gens sont bêtes, la mer sale, les arnaques pyramidales légion. Et pourtant, ça faisait plus de vingt ans que j’y vivais. Je devais faire partie des cons. » Ça ne donne pas envie d’y vivre pour sûr…

Les tribulations de ce jeune chinois homosexuel m’ont d’abord donné l’impression d’anecdotes toutes les plus glauques et morbides possibles. Mais il ressort que l’on passe du très noir à du un peu plus lumineux, car je n’oserais pas dire « solaire », même si la dernière image est le soleil qui se lève au-dessus de la barre d’immeubles en face… en passant par plein de phases et d’épisodes surprenants. La diversité des illustrations est telle que j’ai souvent été déroutée : des textes écrits en blanc dans des cases entièrement noires, les personnages transformés en légo pixellisés, des visages exorbités se battant à la manière du pur manga seinen, des images floues de trip alcoolisés… En conclusion, je citerais la quatrième de couverture : « Il est jeune, brillant, et complétement perdu… c’est Tian Fushi, le queer le plus dingue de Haimen. De flirt bouillant d’un soir en cas désespéré, se pourrait-il qu’il trouve un sens à la vie, et à cette ville de timbrés ? Gay en Chine, c’est pas gagné. Bonne chance, Tian Fushi… »

Éditeur : Sarbacane – Scénario et dessin : Seven – Date de parution : 02 septembre 2020 – 248 pages – Prix : 24,50 €.

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