Joker réalisé par Todd Philips

Joker réalisé par Todd Philips

Le film, qui relate une histoire originale inédite sur grand écran, se focalise sur la figure emblématique de l’ennemi juré de Batman. Il brosse le portrait d’Arthur Fleck, un homme sans concession méprisé par la société.

Après un éblouissant Jack Nicholson dans le Batman de Tim Burton, un remarquable Heath Ledger dans le  Dark Knight de Christopher Nolan, un oubliable Jared Leto dans Suicide Squad de David Ayer, Joker nous offre la performance de Joaquim Phoenix dans le rôle du méchant déjanté emblématique de l’univers de la chauve-souris milliardaire.

Todd Philips est aux commandes du film et c’était précédemment fait connaître en créant et réalisant la saga Very Bad Trip. Il est là aussi à l’écriture du film et démontre l’étendue de sa palette que War Dogs en 2016 nous laissait deviner. Le chemin parcouru depuis ses premières réalisations est impressionnant et la mise en scène sert une histoire dense alternant avec une certaine légèreté une véritable tragédie.

Joaquin Phoenix casse totalement la baraque, coutumier des transformations extrêmes dans les rôles qu’il interprète il est ici d’une maigreur maladive qui participe au personnage qui se noie dans les tenues qu’il porte le rendant gauche. Ses accès de violence n’en sont que plus spectaculaires tant il semble fragile. Son interprétation d’Arthur Fleck qui deviendra le Joker est poignante, drôle de par la maladresse de personnage, touchante par les souffrances qu’il endure, violente dans la bascule dans la folie et tragique par son destin. C’est d’une densité rare et servi par une très bonne écriture du personnage.

Il est encadré par Frances Conroy (Ruth fisher dans Six Feet Under) qui joue sa mère, Zazie Beetz (Domino dans Deadpool 2)  en voisine et intérêt amoureux et Robert De Niro en présentateur de talk-show, modèle d’Arthur et une forme fantasmée de père pour le personnage, qui mettent en lumière un Joaquin Phoenix au sommet de son art et totalement investi dans son personnage.

Le joker est bien sur au cœur du film mais les jalons du futur de ce dernier, et plus particulièrement son adversaire masqué, sont là. Ils ne prennent ni trop de place ni pas assez et sont partie intégrante du film voire participe à la tragédie du personnage ;

Le film m’a pris dès le début et transporté. Cela faisait depuis les Batman de Tim Burton qu’un film issu de l’univers DC comics ne m’avait pas autant emballé. Ces dernières années n’avaient pas offert les meilleurs films qui soient  au sein de cette maison mais une amorce avait débuté avec un Aquaman fun et un Shazam délirant. Ici l’émotion est enfin là et c’est un régal laissant espérer que les prochains projets emboiteront cette direction.

Le film a reçu le Lion d’Or au Festival du Film de Venise de 2019 ainsi que l’Oscar 2020 du meilleur acteur et c’est amplement mérité.

Genre : drame – Nationalité : Américaine – Date de sortie : 09 octobre 2019 – Durée : 2h02 – Avec Joaquin Phoenix, Robert de Niro – Distributeur : Warner Bros France.

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