Abuela réalisé par Paco Plaza

Abuela réalisé par Paco Plaza

Abuela a décroché le Prix du jury, ex æquo avec Samhain, lors de la 29e édition du festival international du film fantastique de Gérardmer (2022).

On peut y voir un film d’horreur très réussi mais aussi, entre les lignes, un message caché très fort.

Susana, une jeune mannequin Espagnole, est sur le point de percer dans le milieu de la mode Parisien. Mais quand sa grand-mère est victime d’un accident la laissant quasi paralysée, Susana doit rentrer à Madrid dans le vieil appartement où elle a grandi afin de veiller sur celle qui constitue son unique famille. Alors qu’approche leur anniversaire commun, de vieux souvenirs resurgissent en parallèle d’événements étranges, et le comportement de sa grand-mère devient de plus en plus inquiétant…

Le thème est assez simple : on tourne autour de la peur de la vieillesse et, plus généralement du temps qui passe. Le corps peut alors devenir une prison. Comme l’appartement madrilène – un vrai protagoniste de l’histoire où vivent les 2 héroïnes : je serais terrorisée à l’intérieur.

On est dans un film de possession. Ici, le démon – le diable – serait le grand âge. Et la société occidentale n’aide pas à dédiaboliser ce fait puisqu’on essence la jeunesse ou qu’on cache parfois nos aînés dans des maisons spécialisées. Bref, qu’on a peur de la mort. On dirait que vieillir est un péché (retour du catholicisme, toujours assez présent dans l’œuvre cinématographique de Paco Plaza). Sans compter une vraie bonne critique sociale. Le réalisateur Espagnol semble scandalisé par cette volonté de jeunesse éternelle (qui semble être le vrai péché – celui d’orgueil – pour lui) et la « mise au rebut » des vieux.

Le casting est essentiellement féminin. Un choix assumé par Paco Plaza puisqu’il évoque les sorcières classiques. De plus, ce sont les femmes qui pâtissent le plus des diktats de l’âge.

Sur la forme, le 35 mm intensifie l’image. L’impact sur le public est alors beaucoup plus anxiogène. Le générique reprend la typographie de Rosemary’s Baby, un classique du genre. On est donc bien dans le diabolique !

L’absence presque totale de son inquiète et rend les bruits quotidiens angoissants. On a l’impression de les entendre beaucoup plus fort que la sonorité normale.

Le dynamisme ralenti apporte également sa pierre à l’édifice : quand on vieillit, on est fatalement moins vif. Cela souligne le message du film. Comme les cercles parsemés ici et là. Ils représentent le cycle de la vie.

Cela étant, le public percevra aussi d’autres éléments en fonction de sa perception et histoire personnelle.

Un excellent film d’horreur à tiroirs donc.

Tire original : La Abuela – Genre : horreur – Nationalité : Espagnole – Date de sortie : 06 avril 2022 – Durée : 1h40 – Avec Almudena Amor, Chacha Huang et Vera Valdez.

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