The Green Inferno écrit et réalisé par Eli Roth

The Green Inferno écrit et réalisé par Eli Roth

Eli Roth, c’est un premier film perturbant – Cabin Fever – en 2002 (un film que j’avais adoré). Puis la saga absolument gore Hostel (2 opus excellents pour une suite un peu moi qualitative à mon goût une fois à Las Vegas). Le cinéaste Américain n’en est pas moi inventif !

.L’enfer est pavé de bonnes intentions.

Un groupe d’activistes new-yorkais se rend en Amazonie et tombe entre les mains d’une tribu particulièrement hostile…

Présenté en sélection officielle au Festival du Cinéma Américain de Deauville 2015, en présence de Eli Roth et de Lorenza Izzo du 04 au 06 septembre 2015.

Le film est clairement hommage aux oeuvres les plus choquantes du genre comme les métrages Italiens de Ruggero Deodato (exemple : Cannibal Holocaust).

« J’écrivais l’histoire d’étudiants qui cherchent à régler les problèmes du monde en en parlant sur Internet et en cherchant à ternir la réputation de tous ceux qui, à leurs yeux, commettaient des actes répréhensibles » souligne le réalisateur. « Tandis que j’achevais le scénario, l’affaire KONY 2012 a éclaté : tout le monde passait son temps à tweeter des infos glanées dans des vidéos sur YouTube, puis à pousser d’autres personnes à les re-tweeter sous peine de salir leur réputation à eux aussi. Comme si, en ne le faisant pas, on se moquait pas mal du sort des enfants soldats d’Ouganda. J’y ai vu la volonté de certains d’apparaître comme de bons samaritains et, un mois plus tard, le leader du mouvement a été surpris en train de se masturber dans les rues de San Diego. Tout ce dispositif a été inutile. Certes, il a sensibilisé certains à cette cause, mais ce n’est pas en re-tweetant des liens vers des vidéos sur YouTube qu’on va pouvoir arrêter des criminels. »

Dans The Green Inferno, un jeune militant, Alejandro (Ariel Levy), menace de jeter l’opprobre sur ses camarades d’université s’ils refusent de s’engager dans la cause qu’il défend. Il raconte avec de nombreux détails atroces le sort terrible des tribus d’Amazonie, en cherchant à rallier son entourage à sa volonté de sauver le monde grâce à sa redoutable capacité de conviction. Justine (Lorenza Izzo) est attentive, mais elle n’ose pas s’exprimer. Elle sait que sa colocataire Kaycee (Sky Ferreira) n’apprécie pas Alejandro. Quant à son père, qui travaille à l’ONU, il serait furieux d’apprendre qu’elle se laisse séduire par son discours. Mais elle est subjuguée. Par sûr que l’idée soit excellente !

Premier point positif : même si ce métrage est vaguement inspiré d’une compilation de faits réels, The Green Inferno n’est pas une adaptation (littéraire, BD, télévisuelle et j’en passe). Ce n’est pas non plus une suite, un reboot, un remake ou un « 20 ans après ». Bref, on ce qui ressemble le plus à un scénario original. Et, bon sang (c’est le cas de le dire !) ce que ça fait du bien un peu de fraîcheur (euh ?!) dans ce monde de brutes (ce qui est loin d’être métaphorique dans ce film).

Eli Roth sait parfaitement utiliser les quelques règles de base du cinéma de genre et se les approprie pour stresser au maximum son public. La zone géographique où se déroule l’action (l’Amazonie Péruvienne) est carrément hostile aux protagonistes principaux. Ils y sont très isolés, couper de leur habitudes et de leur environnement familier. Ce qui rend l’atmosphère globale très pesante, lourde de menaces cachées. D’ailleurs, le film est très anxiogène dès le départ. Le leader charismatique du groupe d’activistes new-yorkais est détestable : il n’hésite pas à user de son « charme » et de pressions psychologiques diverses et variées pour arriver à ses fins. Aussi nobles soient ses intentions, on s’aperçoit vite que ce garçon est malsain… En tout, il est louche. Ce qui prouve encore une fois la complexité de l’âme humaine ! Ce qui rend le film encore plus anxiogène !

La structure narrative de l’histoire est assez différente du film simple film d’horreur. Ça ne tronçonne pas dès le démarrage : on s’installe dans le film mais si notre instinct nous indique clairement qu’à un moment, tout va déraper. Quand à l’esthétique des images, elle est juste sublime. L’opposition entre la douceur verte de la forêt et le rouge agressif des indigènes annonce clairement la couleur.

Un film très violent, très agressif. À la fois complètement terrifiant, engagé (écologie et féminisme principalement), The Green Inferno n’est pas à mettre entre toutes les mains !

Genre : horrifique – Nationalité : Américaine – Interdit aux mineurs de moins de 16 ans – Scénario : Eli Roth et Guillermo Amoedo d’après une histoire d’Eli Roth – Avec Lorenza Izzo, Ariel Levy, Aaron Burns et Kirby Bliss Blanton – Durée : 1 heure 40 – Date de sortie : 06 octobre 2015 en E-Cinéma exclusivement sur vos services de vidéo à la demande* – Distributeur : Wild Bunch Distribution.

* CANALPLAY, CLUB VIDEO SFR, FILMOTV, GOOGLE PLAY, ITUNES, MYTF1VOD, PLUZZ VAD, VIDEOFUTUR, WUAKI.TV.

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