Françoise Pétrovitch Aimer. Rompre au Musée de la Vie romantique

Françoise Pétrovitch Aimer. Rompre au Musée de la Vie romantique

Le Musée de la Vie romantique accueille à partir du 5 avril 2023 une ambitieuse exposition consacrée à Françoise Pétrovitch.

Cette dernière investit la totalité du musée proposant quasiment uniquement des œuvres créées pour l’occasion au travers de deux grandes thématiques liées au romantisme : le paysage et le sentiment amoureux.

C’est l’occasion d’un voyage à la fois au travers de ce joli musée nourri par la création des romantiques du XIXème siècle et l’interprétation contemporaine et actuelle de Françoise Pétrovitch du romantisme au XXIème siècle.

Passé un portail d’entrée et une allée le visiteur arrive dans la cour du Musée de la Vie romantique qui était la maison et l’atelier du peintre et collectionneur Ary Scheffer.


La visite débute dans l’un des deux ateliers où une présentation rapide de l’exposition a lieu complétée par un petit film documentaire présentant la démarche créative de l’artiste et c’est aussi l’occasion de la voir au travail dans son propre atelier.

Le tableau d’un rose éclatant d’une jeune fille tenant sur ses genoux un petit chien, les yeux baissés perdu dans ses pensées ouvre l’exposition. Le tableau est à la fois introspectif et un miroir de cet atelier salon où se trouve une bibliothèque, un piano et quelques œuvres d’art. Elle marque le début du voyage et en particulier du fil que nous suivrons dans la maison où les œuvres seront en dialogue avec celles du musée et évoquant le sentiment amoureux et en conservant toujours cette couleur rose dont les nuances vont se multiplier au fur et à mesure de la visite.

La maison de Scheffer où se trouvent les collections du musée ont laissé de la place un peu partout aux œuvres de Françoise Pétrovitch qui sont des échos à chaque fois des œuvres du musée. Ainsi dans les salles consacrées dans un salon moutarde à George Sand, la peintre ajoute deux tableaux évoquant George et son fils comme si ce petit salon devenait le leur.

De même un peu plus loin une salle évoquant la cantatrice Pauline Viardot, star de l’époque, et pour laquelle Françoise Pétrovitch peint un portrait réactualisé avec une coupe et des tenues modernes de la même artiste.

C’est un jeu de dialogue étonnant où l’on finit la déambulation face à un grand sujet, toujours une jeune fille cette fois-ci semblant un peu boudeuse mais qui rappelle celle que nous avons vu au début.

Ce parcours joue admirablement sur l’opposition complémentaire entre les œuvres du musée et les créations de Françoise Pétrovitch et on s’étonne même de constater combien se rose parfois vibrant, parfois plus doux se marie bien à un intérieur chargé de décorations d’une demeure du XIXème siècle.
Les œuvres de Pétrovitch accrochent l’œil du visiteur mais n’éclipse pas pour autant les collections du musée, un savant équilibre.

La seconde partie du musée qui coïncide avec le second thème de l’exposition, le paysage, se trouve dans les grands ateliers de l’ancien propriétaire de la maison. Cet atelier s’articule en 2 grandes salles en sous-sol et à l’étage.

La première salle nous plonge dans une atmosphère sombre et aqueuse et présente une série de tableaux en enfilades sur les murs alternant des personnages et des paysages d’îles. L’ambiance est sombre avec des lavis d’encre qui contraste avec les huiles qui étaient dans la première partie. Françoise Pétrovitch nous présente une technique différente à son arc t cette fois-ci les verts et rouges sont à l’honneur.  Le sol de la pièce est couvert d’une moquette créée spécialement par l’artiste et qui contribue à cette atmosphère.


Un escalier à colimaçon nous fait accéder au niveau supérieur où à l’inverse un blanc éclatant et beaucoup de lumière naturelle inonde la pièce au travers d’une grande baie vitrée. Cette fois-ci les tableaux sont dans des nuances de bleus et des couleurs pastels chaudes présentant des jeunes gens certains en couples d’autre seuls mais tous suspendus dans un instant semblant profiter de cette lumière et un grand banc circulaire permet au visiteur de profiter de l’atmosphère apaisée de la pièce et apprécier les tableaux.


Ce petit parcours fonctionne à merveille sur une dualité sombre et lumière d’autant qu’en observant les œuvres on constate que dans l’espace de lumière se trouve aussi des éléments sombres tout comme dans l’espace sombre se trouvait des éléments lumineux.

Une fois revenu dans la cour la visite s’achève dans le petit jardin attenant à celle-ci où trône au milieu du massif central une statue de bronze intitulée L’Ogresse. C’est la seule œuvre de l’exposition non créée spécifiquement pour celle-ci et une vision étonnante. Une petite fille juchée sur un rocher bien droite mord un os gigantesque telle la revanche de la fillette contre l’ogre des contes qui d’habitude la dévore. La statue est à la fois dérangeante et étonnamment dégageant un calme olympien. L’effet est d’autant plus surprenant que juste à côté l’on entend les enfants de l’école attenante en train de crier et jouer pendant leurs récréations.

Aimer. Rompre est à la fois une réflexion contemporaine de ce que peut signifier aujourd’hui le romantisme mais aussi en quelque sorte une évocation de l’histoire des artistes de ce courant artistique du XIXème siècle. Françoise Pétrovitch joue des thèmes pour amener le passé dans le présent et susciter l’émotion.

J’ai trouvé ce parcours harmonieux et plein de quiétude. Françoise Pétrovitch a joué avec les espaces qui lui étaient offerts par le musée et apporter sa patte tout en mettant en lumière de manière atypique les collections du musée.

Aimer. Rompre de Françoise Pétrovitch est à découvrir du 5 avril au 10 septembre 2023.
Musée de la Vie Romantique.
16 rue Chaptal
75009 PARIS

Tarif plein 10€/ Tarif réduit 8€

Pour plus d’informations c’est par ici.

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