Georges Hugo, l’art d’être petit-fils à la Maison Victor Hugo (Paris)

Georges Hugo, l’art d’être petit-fils à la Maison Victor Hugo (Paris)

Georges Hugo (1868-1925), petit-Ž ls du poète, immortalisé enfant par le recueil de poèmes L’Art d’être grand-père, fut le premier peintre d’une lignée familiale qui se poursuit aujourd’hui. Dilettante de grand talent, il fut une sorte de chroniqueur proustien de son époque.
Cette première exposition monographique lui rend hommage et invite à découvrir son parcours en s’appuyant sur près de 300 pièces  : dessins, peintures, manuscrits, carnets, gravures, photographies provenant du fonds du musée, de collections privées et particulièrement d’archives familiales inédites.

Comment exister quand on est le petit-fils plus célèbre de France en son temps ? Comment envisager une carrière artistique quand son grand-père est le plus grand auteur de son temps, célébré de son vivant et encensé à sa mort ?

Ces deux interrogations sont au cœur de la vie de Georges Hugo et cette exposition sous forme d’une rétrospective donne un aperçu de sa vie.

Attiré par la création artistique il abandonne très tôt l’idée même d’écrire car comment passer après Victor Hugo et se consacrera donc au dessin et à la peinture.

Le parcours de l’exposition évoque donc sa vie de manière chronologique.

On commence par son enfance où sa sœur Jeanne et lui sont choyés par leur grand-père qui a perdu ses deux fils, dont leur père, alors que les enfants sont très jeunes. Le lien entre « Papapa » et ses petits-enfants est très fort.
Le visiteur peut découvrir de cette période de nombreuses photos et des lettres témoignages de leurs liens forts.

Autin, Capelle. Victor Hugo et son petit-fils Georges Hugo, dernière photographie prise en 1885. Paris, Maison de Victor Hugo.

Il a 17 ans quand son grand père meurt et le parcours accompagne le visiteur dans le deuil de Georges. Il a commencé à peindre et dessiner et fait des portraits de son grand-père mais aussi des paysages de la maison de famille à Guernesey.

Georges part ensuite faire ses classes dans la Marine et dessine, peint et croque en particulier ses camarades marins, souvent analphabètes à qui il apprend à lire. Cet épisode de sa vie coïncide aussi avec son mariage en 1894 avec son amie d’enfance Pauline Ménard-Dorian avec qui il aura 2 enfants.
L’exposition nous fait alors découvrir des dessins de ses enfants, des croquis de sa femme et quelques tableaux dont le sujet sont sa famille.
Certaines crayonnés témoignent de son talent pour croquer les gens et de l’influence qu’a eu sur lui les impressionnistes.

L’exposition choisit ensuite de faire un bond dans le temps jusqu’à la guerre de 14-18 où il veut s’engager. Il est alors âgé de 46 ans. Il livre alors des témoignages forts de la vie dans les tranchées ceux-ci feront l’objet d’une exposition dès 1917 au Musée des Arts Décoratifs alors qu’il a été réformé pour raisons de santé mais est devenu peintre aux armées enrichissant ainsi le témoignage du déroulement de la Guerre.

Les croquis de poilus sont saisissants et témoins d’une page d’Histoire.

Georges Hugo (1868-1925). Guerre 1914-1918. Croquis exécuté pendant la guerre. Plume et lavis. Paris, Maison de Victor Hugo.

C’est en 1920 lors d’une seconde exposition que lui consacré le Musée des Arts décoratifs que l’on découvre son travail d’avant-guerre.
Le parcours de l’exposition nous fait entrer dans une nouvelle salle où nous remontant le temps.
En 1898 Georges a quitté sa femme Pauline pour se mettre en couple avec Dora Dorian, la cousine de son ex-femme. Il épouse celle-ci en 1901 et ils ont une fille. Ils partent vivre à florence où Georges peint des paysages de Toscane mais aussi d’un voyage en Islande.
Un très beau tableau capturant Dora de dos avec sa nuque nue (l’affiche de l’exposition) est un tout particulièrement beau témoignage de cette période de sa vie que le public découvrit a posteriori.
La Guerre n’a même pas commencé qu’il a déjà quitté Dora pour s’installer à Paris.

La dernière partie de l’exposition revient à la situation de Georges après-guerre. On y retrouve un homme ruiné, criblé de dettes de jeux vivant misérablement d’une mansarde et passant son temps au Café des Gaufres sur les Champs-Elysées.
Quelques tableaux témoignent de cette période. Quelques tableaux évoquent un séjour en Bretagne et à Guernesey, dont une très jolie peinture d’hortensias en fleurs.

Il meurt en 1925 de congestion pulmonaire dans la misère la plus totale et le visiteur finit la visite sur des vues de Paris.

 Georges Hugo que met à l’honneur le musée est un témoin de son temps. L’exposition ne cherche pas à enjoliver la réalité de sa vie et les travers du petit-fils de Victor Hugo.

L’exposition se déroule du 10 novembre 2023 au 10 mars 2024.

Maison de Victor Hugo
6 Place des Vosges
75004 Paris Plus d’informations sur le site du Musée.

Autres articles qui peuvent vous intéresser…

Robert Capa, Icônes dans la galerie des Maîtres des Franciscaines à Deauville (Normandie)

Planète(s) Decouflé au Centre national du costume et de la scène à Moulins dans l’Allier

Marathon, la course du messager au Musée de la Poste (Paris)

Andres Serrano. Portraits de l’Amérique au Musée Maillol (Paris)

Derniers articles

Catégories

Archives

Droits d’utilisation

Les traductions et articles dont nous sommes les auteur(e)s sont sous Licence Creative Commons 2.0 (Paternité – Pas d’utilisation commerciale – Pas de modification). Nos traductions et articles relèvent du droit d’auteur (article L.111-1 du CPI). En cas de reproduction totale ou partielle, merci de nous créditer en source (article L122-5 du CPI). Les infractions aux droits d’auteur sont sanctionnées pénalement (art L.335-1 à L.335-10 du CPI).