L’amant de Kan Takahama d’après Marguerite Duras

L’amant de Kan Takahama d’après Marguerite Duras

La narratrice, c’est l’autrice elle-même. Elle a 15 ans et vit en Indochine avec sa mère, veuve et ses deux frères. Pensionnaire dans un lycée pour étudier les mathématiques, elle ne rêve que de devenir écrivain. Sur le bac qui traverse le fleuve séparant son lycée de sa pension, elle fait la connaissance d’un riche Chinois. Ils tombent éperdument amoureux et commencent une relation faite d’amour et d’argent qui durera un an et demi durant lequel ils se verront régulièrement. Marguerite devra faire face à la honte, la peur, la jalousie et parvenir à trouver sa place au sein d’une famille où il est difficile de s’imposer.

Demander à une célèbre magaka japonaise de s’attaquer à un monument de la littérature Française est le pari que Rue de Sèvres a gagné. Kan Takahama a publié en 2014, en France, Le dernier envol du papillon, sur le thème des maisons closes au Japon, et plus particulièrement des courtisanes.

C’était une très jolie histoire, très documentée et authentique, qui avait un côté historique indéniable et intéressant. Partant de là, on peut donc dire que le côté sulfureux de L’amant ne pouvait pas effrayer Kan Takahama, elle se l’est même approprié.

J »avais peur avant d »ouvrir sa version de L’amant que le décalage soit trop fort entre l’univers très Européen du roman de Duras, (car même si le protagoniste masculin est un « Chinois » et le scénario a pour lieu l’Indochine, c’’est un roman européen) et cette culture du manga si particulier. Mais la version de Kan garde la façon de penser du personnage principal, qui est une jeune fille européenne, qui est Marguerite jeune, donc l’authenticité reste.

Petit bémol toutefois à cette adaptation finalement bien réussie : le monologue intérieur du roman de Duras faisait plein d’aller-retours dans le temps entre ses souvenirs et le quotidien de l’écrivaine. Ici le récit est linéaire, simplifié, et perd un peu de sa saveur. Mais je n’ai pas boudé mon plaisir pour autant et j’ai passé un bon moment de lecture.

Éditeur : Rue de Sèvres – Collection : BD Ado-Adultes – Genre : Adaptation – Scénario : Kan Takahama d’après Duras Marguerite – Dessin : Takahama Kan – Date de parution : 22 janvier 2020 – 155 pages – Prix : 18 €.

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