Le goût de la nectarine de Lee Lai

Le goût de la nectarine de Lee Lai

Bron et Max sont liées par un amour puissant et dévorant. Leurs escapades sauvages avec Nessie, la nièce de Max, constituent des îlots de bonheur qu’elles attendent chaque semaine avec impatience. Entraînées par le pouvoir d’imagination de l’enfant, elles peuvent être elles-mêmes et oublier leur quotidien pris en étau entre des tensions familiales, le rejet et l’isolement. Mais les vieux démons de Bron ressurgissent et leur relation s’étiole… Les deux jeunes femmes n’auront d’autres choix que de s’ouvrir à leurs sœurs respectives, dont elles se sont autrefois détournées. Parviendront-elles à laisser de côté leur rancœur et à trouver le chemin de la réconciliation ?

Je vais commencer cette critique par l’aspect graphique qui est tellement déroutant et original dans cette BD uniquement en noir, blanc et gris que ça en devient prépondérant. Cela ne m’attirait pas du tout au départ et je me suis un peu forcée. Je ne regrette pas. La proposition ressemble par certains points à du manga, car deux des protagonistes sont asiatiques et que lorsqu’elles jouent avec Nessie dans le parc à se courir après, leurs visages se transforment comme si elles avaient des masques Japonais.

L’histoire est très forte, on ressent les souffrances de Bron qui ne trouve plus sa place dans sa vie, dans son couple et a besoin de se reconstruire, et celle de Max qui subit la situation, la dépression de sa compagne. Les deux femmes n’existent que lorsqu’elles se métamorphosent avec l’enfant pour jouer avec elle, ou en interactions avec leurs sœurs. Les problèmes sont abordés avec beaucoup de pudeur et de tact, rien n’est nommé frontalement, ce ne sont que subtilités et bienveillances qui font du bien. Je ne sais si cette histoire est autobiographique mais les sentiments semblent vrais, ressentis, et entraînent forcément l’empathie du lecteur. Le récit se fait en petites touches, avec des retours en arrière, des parallèles dans les évolutions des deux personnages, c’est ce qui rend ce récit si particulier. Pour un premier essai, c’est un coup de maître… et cela donne envie d’être curieuse et de suivre cette auteure atypique qui vit actuellement à Montréal.

Editeur : Sarbacane – Genre : Roman graphique – Scénario et dessin : Lai Lee – Traduit de l’anglais (États-Unis) par : Chognard Géraldine – Date de parution : 03 février 2021 – 236 pages – Prix : 25 €.

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