N.E.O – Tome 1 : La chute du soleil de fer par L’Hermenier et Djet

N.E.O – Tome 1 : La chute du soleil de fer par L’Hermenier et Djet

Dans un monde où les adultes ont disparu, il existe deux refuges pour les deux bandes rivales qui ont survécu au cataclysme : le tipi et le château. Les uns chassent pour se nourrir, les autres vivent reclus et protégés. Bientôt, une étrange maladie fait peser un risque de famine sur le clan du tipi, le privant de ses proies. Et si ceux du château étaient à l’origine de cet empoisonnement ? L’heure de la confrontation est venue : la guerre entre les deux tribus peut-elle encore être évitée, alors que la nature est plus menacée que jamais ? Zyzo, l’espion au grand coeur du tipi, et Alixe, la reine du château, sauront-ils unir leurs forces pour déjouer les mystères, les intrigues et les trahisons ?

La maison d’édition Jungle étoffe son catalogue avec de nombreuses adaptations de romans classiques et contemporains en version bande dessinée. Il continue de s’agrandir avec l’arrivée du premier roman à destination des adolescents du romancier Michel Bussi. Ce dernier étant un auteur particulièrement reconnu pour ses polars et roman d’enquêtes.

En charge de l’adaptation, on retrouve le scénariste Maxe L’Hermenier, auteur prolifique dans les adaptations de romans en bande-dessinée que ce soit chez les maisons d’éditions Ankama, Glénat ou Jungle. On peut citer, par exemple, les adaptations de Blanche Neige, La rivière à l’envers ou Le Renard de Morlande ainsi que Fils de sorcières (un roman de Pierre Bottero, mon auteur préféré !). Autant dire que Maxe L’Hermenier n’en est pas à son coup d’essai.

Il est accompagné pour l’occasion de Djet qui n’en est pas à sa première collaboration avec Maxe L’Hermenier puisqu’il était le dessinateur de l’adaptation de La rivière à l’envers mentionnée précédemment.

Michel Bussi étant professeur de géographie à l’université, en plus de son travail d’écrivain, il place la plupart de ses histoires en Normandie. Néanmoins, pour N.E.O, son terrain de jeu sera déplacé vers la capitale française, Paris. Un Paris différent puisque futuriste mais aussi ravagé par la végétation suite à la disparition soudaine des adultes. Disparition, donc, qui amène son lot d’interrogations pour les enfants survivants mais aussi pour le lecteur qui lui aussi est à la recherche de réponse. D’autant que plus on avance dans l’histoire, plus on accumulera de questions sans forcément en résoudre beaucoup entre temps.

Si on peut dire que les questions se multiplient, il en est de même pour les personnages. Avec deux clans d’enfants qui s’opposent avec chacun sa propre hiérarchie, on se retrouve vite débordé. Bien sûr, seul une poignée sortiront vraiment du lot mais cela complique beaucoup la compréhension du récit général et c’est bien dommage. Surtout que qui dit beaucoup de personnages signifie peu de temps pour chacun. Dès lors, on se retrouve moins attaché à eux et à leurs péripéties et le ton adulte adopté par certains d’entre eux dénote énormément de leur âge supposé (12 ans au début de l’intrigue). Bon, il y a peut-être un personnage qui s’en sort relativement bien dans le lot. Ça serait la reine Alixe qui a tempérament plus cohérent avec son âge, fait preuve de dynamisme et de naïveté comme peuvent l’avoir des jeunes enfants.

J’ai peut-être l’air difficile mais il est possible que je ne sois simplement pas la bonne cible même si en général, je suis plutôt bon client côté littérature jeunesse. Il reste en tout cas, les beaux dessins de Djet qui servent l’histoire. Les cases sont fouillées et le découpage dynamique parfaitement adapté à un récit dystopique. La part est aussi faite aux monuments les plus célèbres de la capitale qui permettent au dessinateur de s’en donner à cœur joie sur l’architecture de la Tour Eiffel par exemple. Il illustre très bien la dégradation et la nature reprenant ses droits sur une civilisation l’ayant malheureusement bien trop malmenée par le passé.

Au final, même si j’ai eu du mal à m’attacher aux (trop ?) nombreux personnages, ce premier tome de l’adaptation du roman N.E.O traite de thèmes somme toute assez variés tel que l’écologie, la survie, l’amitié qui se confond parfois avec l’amour ainsi que l’acceptation de l’autre certes différent mais oh combien semblable. Une lecture réservée aux fans du genre et dont l’âge correspond à celui des personnages.

Éditeur : Jungle – Scénario : Maxe L’Hermenier – Dessin : Djet – Date de parution : 29 avril 2020 – 72 pages – Prix : 14,95 €.

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